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LA FOI EST INDIVIDUELLE
Quelqu'un peut
avoir eu beaucoup de privilèges, avoir été
élevé dans un pays, dans un milieu, dans une famille
où il a bénéficié d'un enseignement et
d'exemples qui lui ont permis de connaître la
vérité divine. Mais ce n'est pas avec la foi des autres
qu'il peut croire, c'est pour lui-même qu'il doit croire. Au
temps où Israël était le peuple reconnu de Dieu, il
avait, certes, de grands privilèges nationaux, mais au milieu de
ce peuple, les uns croyaient, les autres non; les uns étaient
pieux, les autres non. Aujourd'hui, ce n'est pas parce qu'on est issu
de parents chrétiens que l'on est un chrétien aux yeux de
Dieu. C'est une erreur fatale et une pernicieuse illusion que de
considérer comme «enfants de Dieu» tous ceux qui
font extérieurement partie de la chrétienté, parce
qu'ils sont baptisés. A ceux qui ont reçu Christ (et
à eux seuls), «il leur a donné d'être enfants
de Dieu» (Jean 1.12). Il y a un moment où il faut dire:
«Mais moi...» Quoi qu'il en soit de ceux qui m'entourent,
qu'ils soient croyants, indifférents ou opposés, je dois
me placer devant Dieu, recevoir son message, croire personnellement. Et
ensuite, quel que soit l'état de la société
où nous vivons, il faut vivre avec cette foi individuelle. Si
cette foi est partagée, quelle source d'encouragement! Mais la
foi de nos parents et de nos amis ne peut se substituer à la
nôtre. «Chacun de nous rendra compte pour lui-même
à Dieu» (Romains 14.12). Et le Seigneur dit à
chacun: «Toi, suis-moi».
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" La Vocation au service de l'Eglise-Communion "
Vénérés Frères dans l’Épiscopat, Chers frères et sœurs
!
La
Journée mondiale annuelle de Prière pour les Vocations
est une occasion opportune pour mettre en lumière
l’importance des vocations dans la vie et la mission de
l’Église et pour intensifier notre prière afin
qu’elles croissent en nombre et en qualité. Pour la
prochaine journée, je voudrais proposer à
l’attention de tout le Peuple de Dieu le thème suivant,
particulièrement actuel : la vocation au service de
l’Église-communion.
L’an dernier, en débutant dans les Audiences
générales du mercredi un nouveau cycle de
catéchèses, consacrées au rapport entre le Christ
et l’Église, je faisais remarquer que la première
communauté chrétienne commença à se
constituer, en son noyau originaire, lorsque quelques pêcheurs de
Galilée rencontrèrent Jésus, se laissèrent
conquérir par son regard, par sa voix, et accueillirent son
invitation pressante : "Venez à ma suite et je ferai de vous des
pêcheurs d’hommes" (Mc 1, 17 ; cf. Mt 4, 19) .
En vérité, Dieu a toujours choisi quelques personnes pour
collaborer plus directement avec Lui à la réalisation de
son dessein de salut. Dans l’Ancien Testament, il appela
d’abord Abraham pour former "un grand peuple" (Gn 12, 2), puis Moïse pour libérer Israël de l’esclavage de l’Égypte (cf. Ex 3, 10) .
Il désigna ensuite d’autres personnages,
spécialement les prophètes, pour défendre et
garder vivante l’alliance avec son peuple. Dans le Nouveau
Testament, Jésus, le Messie promis, invita personnellement les
Apôtres à être avec Lui (cf. Mc 3, 14)
et à partager sa mission. À la dernière
Cène, en leur confiant la charge de perpétuer le
mémorial de sa mort et de sa résurrection
jusqu’à son retour glorieux à la fin des temps, Il
adressa pour eux au Père cette invocation en l’implorant :
"Je leur ai révélé ton nom et le leur
révélerai, pour que l’amour dont tu m’as
aimé soit en eux et moi en eux" (Jn 17, 26). La mission de l’Église se fonde donc sur une communion intime et fidèle avec Dieu .
La Constitution Lumen Gentium
du Concile Vatican II décrit l’Église comme "un
peuple qui tire son unité de l’unité du Père
et du Fils et de l’Esprit Saint" (n. 4), un
peuple dans lequel se reflète le mystère même de
Dieu. Cela implique que l’amour trinitaire se
réfléchit en lui et que, grâce à
l’action de l’Esprit Saint, tous ses membres forment "un
seul corps et un seul esprit" dans le Christ. C’est surtout en se
rassemblant pour l’Eucharistie que ce peuple, structuré
organiquement sous la conduite de ses Pasteurs, vit le mystère
de la communion avec Dieu et avec les frères.
L’Eucharistie est la source de cette unité
ecclésiale pour laquelle Jésus a prié la veille de
sa passion : "Père qu’eux aussi soient un en nous, afin
que le monde croie que tu m’as envoyé" (Jn 17, 21).
Cette communion intense favorise la floraison de vocations
généreuses au service de l’Église : le
cœur du croyant, rempli de l’amour divin, est poussé
à se consacrer totalement à la cause du Royaume.
La promotion des vocations requiert donc une pastorale attentive au
mystère de l’Église-communion, parce que,
assurément, celui qui vit dans une communauté
ecclésiale unie, coresponsable et active, apprend plus
facilement à discerner l’appel du Seigneur. Le souci des
vocations exige donc une "éducation" constante à
l’écoute de la voix de Dieu, comme le fit Éli en
aidant le jeune Samuel à comprendre ce que Dieu lui demandait et
à le réaliser rapidement(cf. 1 S 3, 9). Or, il ne
peut y avoir d’écoute docile et fidèle que dans un
climat de communion intime avec Dieu, rappelle le pape
Benoît XVI. Et cela se réalise surtout dans la
prière. Selon le commandement explicite du Seigneur, nous devons
tout d’abord implorer le don des vocations en priant
inlassablement et ensemble le "maître de la moisson".
L’invitation est au pluriel : "Priez donc le maître de la
moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson" (Mt 9, 38). Cette invitation du Seigneur correspond bien au style du "Notre Père" (Mt 6, 9)
, prière qu’Il nous a enseignée et qui constitue
une "synthèse de tout l’Évangile", selon
l’expression célèbre de Tertullien (cf. De Oratione, 1,6 : CCL 1, 258).
De ce point de vue, une autre expression de Jésus est aussi
éclairante : "Si deux d’entre vous, sur la terre, unissent
leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera
accordé par mon Père qui est aux cieux" (Mt 18, 19 )
. Le Bon Pasteur nous invite donc à prier le Père
céleste, à prier en étant unis et avec insistance,
pour qu’Il envoie des vocations au service de
l’Église-communion. Recueillant l’expérience
pastorale des siècles passés, le Concile Vatican II a mis
en évidence l’importance d’éduquer les futurs
prêtres à une authentique communion ecclésiale.
Nous lisons à ce sujet dans Presbyterorum Ordinis
: "Exerçant, pour la part d’autorité qui est la
leur, la charge du Christ Chef et Pasteur, les prêtres, au nom de
l’Évêque, rassemblent la famille de Dieu,
fraternité qui n’a qu’une âme, et par le
Christ dans l’Esprit, ils la conduisent à Dieu le
Père" (n. 6 ) . À cette affirmation du Concile fait écho l’Exhortation apostolique post-synodale Pastores Dabo Vobis
, en soulignant que le prêtre "est serviteur de
l’Église-communion parce que - en unité avec
l’Évêque et en lien étroit avec le
presbyterium - il construit l’unité de la
communauté ecclésiale dans l’harmonie des diverses
vocations, des charismes et des services" ( n. 16 ) .
À l’intérieur du peuple chrétien, il est
indispensable que chaque ministère et chaque charisme soient
orientés vers la pleine communion, et c’est la tâche
de l’Évêque et des prêtres de la favoriser en
l’harmonisant avec toute autre vocation et service
ecclésiaux, souligne Benoît XVI. Même la vie
consacrée, par exemple, a en propre le service de cette
communion, comme cela est mis en lumière dans
l’Exhortation apostolique post-synodale Vita Consecrata
de mon vénéré Prédécesseur,
Jean-Paul II : "La vie consacrée a certainement le mérite
d’avoir contribué efficacement à maintenir dans
l’Église l’exigence de la fraternité comme
confession de la Trinité. En favorisant constamment
l’amour fraternel, notamment sous la forme de la vie commune,
elle a montré que la participation à la communion
trinitaire peut changer les rapports humains et créer un nouveau
type de solidarité" (n. 41). Au centre de
toute communauté chrétienne, il y a l’Eucharistie,
source et sommet de la vie de l’Église. S’il vit de
l’Eucharistie, celui qui se met au service de
l’Évangile avance dans l’amour vers Dieu et vers le
prochain, et il contribue ainsi à construire
l’Église comme communion.
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