Pour
le pape, alors que le discours de l’Eglise sur la
sexualité (eros) est souvent rejeté ou objet de
controverse, il est indispensable de montrer que
le christianisme n’est pas hostile à l’amour humain
mais qu’il le guide à un niveau plus élevé. C’est
pourquoi, avant de proposer une morale, le message chrétien doit
apparaître comme une bonne nouvelle où l’amour prend
le pas sur les structures et les règles de l’Eglise. Par
leur action sociale qui dépasse la philanthropie et la
solidarité, les chrétiens expriment concrètement
« l’amour personnel par lequel Dieu nous a
créés »
DEUXIEME PARTIE
Dans la
deuxième partie de l’encyclique, écrite à
plusieurs mains, le pape redit comment et pourquoi «
l’Eglise, même en tant que communauté, d’une
certaine manière institutionnelle, doit aimer » par ses
organisations caritatives.
Dans son message du 1er janvier et son discours devant les diplomates,
Benoît XVI a précisé combien l’engagement
pour la vérité, celle du cœur comme de la raison,
constitue le meilleur chemin vers la paix. Aujourd’hui, il
réaffirme que, si Dieu et son amour sont « la condition de
l’unité des chrétiens », ils sont aussi celle
« de la paix dans le monde ».
Vincent Cabanac
"
Nous avons besoin d'un Dieu vivant qui nous aime jusqu'à la mort "
CE QUE DIT BENOIT XVI DE SA PREMIERE ENCYCLIQUE
Le 23 janvier,
Benoït XVI a longuement exposé le contenu de sa
première encyclique "Deus caritas est" durant un congrès
sur le thème de la première épître de Paul
aux Corinthiens: "Mais de toutes, la charité est la plus
grande". "Le voyage cosmique dans lequel Dante entend entraîner
son lecteur -a dit le Pape en introduction- s'achève devant la lumière perpétuelle qu'est Dieu,
une lumière qui est, écrit l'auteur de la Divine
Comédie, 'l'amour qui fait se mouvoir le soleil et toutes les
étoiles'".
Le Dieu apparent au centre de l'aura, que Dante décrit, "a un visage humain..., un coeur humain".
Le Pape a alors expliqué que la vision dantesque montre la
continuité entre la foi en Dieu des chrétiens et la
recherche que développe la raison... En même temps se fait
jour une nouveauté dépassant toute recherche humaine...
La nouveauté d'un amour qui a poussé Dieu à
prendre un visage humain, à en assumer la chair et le sang... L'Eros
de Dieu n'est pas une simple force cosmique primordiale, mais l'amour
qui a créé l'homme, qui se penche sur lui".
"Le mot amour -a dit le Pape- est tellement utilisé aujourd'hui
que l'on a presque peur de le prononcer... Cependant...c'est une
expression de la réalité primordiale...de ce que nous
devons nous réapproprier...pour qu'il puisse illuminer notre
vie. La conscience de ce fait m'a poussé à choisir le
thème de l'amour pour ma première encyclique. Je souhaite
exprimer pour notre temps et notre existence quelque chose semblable
à ce que Dante a récapitulé dans sa vision".
"Il s'agit en effet -a t-il poursuivi- de la conversion de la foi en
une vision et une compréhension qui nous transforme. Mon
désir était de faire ressortir la foi...en ce Dieu qui a
pris le visage et le cœur humain... A une époque
où...nous assistons à l'abus de la religion pour
l'éloge de la haine... nous avons besoin d'un Dieu vivant qui nous aime jusqu'à la mort.
Ainsi, dans cette encyclique, les thèmes de Dieu, du Christ et
de l'amour sont soudés et constituent un guide central de la foi
chrétienne".
"Une première lecture pourra susciter l'impression que
l'encyclique se divise en deux parties dissociées entre elles,
la première théorique qui parle de l'essence de l'amour et la seconde qui parle de la charité ecclésiale, des organisations caritatives.
Ce qui m'intéresse c'est l'unité de ces deux
thèmes qui ne se comprennent bien que s'ils sont vus comme une
chose unique...."
"Partant de l'image chrétienne de Dieu, il
faut montrer comment l'être humain est créé pour
aimer et comment cet amour qui initialement apparaît comme
éros entre homme et femme, peut ensuite se transformer
intérieurement en agape, en don de soi à l'autre".
"Sur cette base, il faut proclamer que l'essence de l'amour de Dieu et du prochain... est le centre de l'existence chrétienne, est le fruit de la foi"
et "dans une seconde partie il faut mettre en valeur l'acte personnel
d'agapé qui ne peut jamais être qu'individuel, mais qui se
convertit en acte essentiel de l'Eglise comme communauté : il
faut la forme institutionnelle qui s'exprime dans l'action
communautaire de l'Eglise".
"L'organisation ecclésiale de la charité -a conclu le
Pape- n'est pas une forme d'assistance sociale qui s'ajoute
casuellement à la réalité de l'Eglise...elle en
fait partie, en échange de son naturel...elle doit être
visible de quelque façon que ce soit au Dieu vivant... Le
spectacle de l'être humain qui souffre nous touche au plus
profond du cœur. Mais l'engagement caritatif va bien au-delà de la simple philanthropie. Dieu
même nous demande d'alléger la misère... C'est
à Lui que nous donnons le monde qui souffre" et "plus nous le
Lui offrirons clairement et consciemment comme don, plus efficace sera
notre amour pour changer le monde".
Source : Vatican Information Service
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